Gestion d'actifs : les 4 faces de la révolution

Article de presse, 22 novembre 2017

Les actifs sous gestion mondiaux pourraient doubler d'ici 2025, passant la barre des 145 400 milliards de dollars contre 84 900 milliards de dollars en 2016, selon les prédictions de PwC. Si la croissance est exponentielle pour le secteur de la gestion d'actifs, les acteurs devront répondre à de multiples enjeux. Eclairage de Steven Libby, Asset & Wealth Management Leader chez PwC Luxembourg.

Paperjam : M. Libby, vous annoncez de profonds changements d’ici 2025. A quoi ressemblera le secteur de la gestion d’actifs et de patrimoine dans 10 ans ?  

Steven Libby : La gestion d'actifs a connu des changements sismiques depuis la dernière crise financière. L’agenda règlementaire soutenu, les technologies et la concurrence acharnée ont conduit à redéfinir la raison d’être du secteur. Témoignage de ce bouleversement : les alternatifs devraient doubler d'ici 2025. En effet, ils pourraient constituer plus de 15% des actifs sous gestion à l’échelle mondiale ; les investisseurs cherchant à diversifier leur portefeuille. La croissance exponentielle des actifs sera portée, d’une part, par des individus de plus en plus fortunés et, d’autre part, par des solutions d’épargne retraite au niveau institutionnel. Par conséquent, le secteur aura un tout autre visage dans les dix prochaines années. Qu’ils s’agissent des frais, des produits, de la distribution, de la réglementation, de la technologie ou des compétences des acteurs, les lignes auront radicalement bougé.

Paperjam : Quelles tendances sont à l’origine de cette « révolution » ?

Steven Libby : Nous avons identifié quatre tendances à l’origine de cette révolution :

1. Un marché dicté par les investisseurs. Au cours des dernières années, les acteurs ont vu leurs commissions fondre comme neige au soleil. En cause : la réglementation, la concurrence et l’arrivée de nouveaux entrants qui perturbent la chaîne de valeur traditionnelle et révolutionnent la « raison d'être » des gestionnaires de fortune. De nouvelles mesures ont et seront introduites dans le monde entier visant à tirer les commissions vers le bas ou à les éliminer. Conséquence : les produits de détail à moindre coût se multiplient. Les grands acteurs sortent gagnants de cette nouvelle équation à la faveur d’économies d'échelle. On peut donc s’attendre à une consolidation de l'industrie et à de nouvelles formes de collaboration.

2.  Etre techno ou ne pas être. Les progrès technologiques conduiront à une refonte de la chaîne de valeur, de l'acquisition de nouveaux clients à la personnalisation des conseils en investissement. Si, jusqu’ici le secteur peinait à intégrer la technologie dans ses modèles, les acteurs et les fonctions satellites devront prendre ce virage car les géants de la technologie pourraient bien s’engouffrer dans la brèche.

3. Devenir la réponse alternative au financement traditionnel. Le secteur devrait prendre davantage d’ampleur dans des marchés niches tels que le « trade finance », les prêts entre particuliers et les infrastructures. Offrir des solutions d’épargne retraite aux individus à mesure que la population mondiale accumule de la richesse et que l'espérance de vie augmente constituera une nouvelle opportunité de croissance pour le secteur.

4. Proposer des solutions d’investissement sur mesure. Les investisseurs s’orientent de plus en plus vers des solutions sur mesure. Dans ce sillage, les stratégies actives, passives et alternatives sont devenues la clé de voûte des solutions multi-actifs. Résultat des courses : les stratégies passives et alternatives augmenteront rapidement. La gestion active, quant à elle, continuera à jouer un rôle important mais aura une croissance à court terme plus lente. Les gestionnaires devront comprendre les besoins de leurs investisseurs, adapter leurs solutions et optimiser leurs canaux de distribution. Ils doivent également se concentrer sur leurs principales capacités de différenciation et passer à l'externalisation des fonctions « non essentielles ».

Paperjam : Comment les acteurs peuvent-ils se préparer ?

Steven Libby : Ces quatre tendances vont fondamentalement transformer la nature et la structure de l'industrie. Pour se préparer, les acteurs devront, tout d’abord, revoir leur stratégie pour se différencier, aligner leurs dépenses avec les objectifs et investir dans des produits qui ont un impact significatif. Ensuite, les acteurs devront intégrer la technologie dans toutes les fonctions de l’organisation. Enfin, il s’agira d’accueillir de nouvelles compétences pour soutenir les nouveaux modèles d'emploi et les retenir.

Le rapport Asset & Wealth Management Revolution: Embracing Exponential Change est disponible sur le site de PwC.

Contact us

Youcef Damardji
Communications & Media Relations
Tel: +352 49 48 48 5821
Email

Follow us