Sensibilité digitale


Marc Fassone, Le Jeudi, 24 novembre 2016

Mesurer l'engagement des collaborateurs et les former, deux enjeux auxquels la digitalisation apporte des solutions.

Gérer les talents en permettant le développement des collaborateurs est l'un des défis des ressources humaines. Qui disposent d'atouts de deux ordres: une prise de conscience des entreprises et des technologies innovantes. Cette prise de conscience, on la trouve au niveau de l'importance désormais accordée au niveau de l'engagement des collaborateurs. 67% des entreprises sondées par PwC Luxembourg pour le compte de son étude Les défis de la fonction RH au Luxembourg disent pratiquer régulièrement cette mesure. Un vrai changement par rapport à ce qui pouvait se pratiquer il y a encore cinq ans, relève Bénédicte Burioni, associée People & Organisation. «Il y a une prise de conscience par rapport au fait que si on a la volonté de retenir ses talents, il faut savoir ce qui se passe.»

L'instrument de mesure, l'enquête de satisfaction - quel que  soit le domaine où on la pratique: le leadership, la vision d'entreprise, l'environnement de travail, la collaboration, l'ambiance…- a profité des progrès en matière de nouvelles technologies et permet désormais de mesurer des choses présentées en leur temps comme intangibles. L'apport du digital permet une sélectivité accrue des publics, des enquêtes plus courtes, plus fréquentes et plus réactives.

Ces études doivent être conduites de façon adéquate, insiste Christian Scharff, partner human ressources services, afin de garantir  la sincérité des collaborateurs ainsi que la participation, «un vrai challenge». La première fois est toujours intéressante. Et cela permet ensuite de faire des historiques. Historicisées, les données permettent aux entreprises d'adapter, de corriger les éventuels problèmes. Mais le plus dur reste toujours à faire.

Car si on ne communique pas sur les résultats et si on n'engage pas les actions à partir de ceux-ci, toute tentative extérieure sera décrédibilisée. Sans transparence, le processus ne tient pas. Une idée,  mieux, une philosophie, soutient le processus: admettre que le salarié est aussi le client de l'entreprise.

Le manager au centre

Les enquêtes de l'ère digitale sont l'outil parfait pour adresser les problèmes de rétention et d'engagement. Etant entendu que c'est si on s'assure du second que l'on pourra réaliser la première.

De façon générale, les principaux leviers d'amélioration de l'engagement des collaborateurs ont trait à des valeurs collectives comme, par exemple, l'engagement social de l'entreprise. L'autonomie et l'élargissement des responsabilités, la quête de sens et l'équilibre entre vie privée et vie professionnelle sont d'autres outils pertinents.

Si on se penche sur l'engagement des collaborateurs, on note que les motifs de départ les plus fréquents ne tiennent pas au salaire, mais au manque de perspectives d'évolution et à l'encadrement managérial. Les changements organisationnels constituant le troisième motif le plus fréquemment constaté. Bémol: en matière de manque de perspectives et de changements organisationnels, les manques sont le plus souvent dus à une mauvaise communication. La qualité du management est une donnée clé. Les attentes des personnels par rapport à l'encadrement ont beaucoup évolué ces  vingt dernières années. «On attend désormais de ses chefs des compétences personnelles et managériales», insistent Christian Scharff et Bénédicte Burioni. «Aujourd'hui, les gens sont formés pour être indépendants. Les managers doivent s'adapter. De plus, l'accès à l'information s'est élargi. Le savoir n'est plus dans les directions, il est sur internet.» Le développement des compétences managériales et des compétences comportementales est un thème majeur en matière de développement des collaborateurs. Une priorité que beaucoup jugent comme difficile.

Autre thème clé en matière de développement des compétences: celui de la mesure de la performance. Beaucoup, sinon tout, repose sur les épaules des managers qui ont hérité de cette tâche traditionnellement dévolue aux services de ressources humaines. «On est aujourd'hui dans un système de feedback permanent.» Cela suppose que les managers changent de comportement en adhérant à ces nouveaux outils. Une nouvelle compétence fait d'ailleurs son apparition, la sensibilité digitale.

Dernier point, la digitalisation et la robotisation permettent de libérer du temps pour les collaborateurs. Comment gérer ce temps libéré? «Par la montée en compétence des collaborateurs. Il y a un vrai challenge qui touche tous les secteurs.»



Contacts:

Christian Scharff, Partner, PwC Luxembourg
Tel: +352 49 48 48 2051

Benedicte Burioni, Partner, PwC Luxembourg
Tel: +352 49 48 48 2181

Contact us

Youcef Damardji
Communications & Media Relations
Tel: +352 49 48 48 5821
Email

Follow us