Entretien avec Enrico Lunghi, Directeur général du Mudam

© Andres Lejona

Vous êtes à la tête du Mudam depuis maintenant un an. Quel bilan tirez-vous de cette année ?

Ce fut une année riche et intense ! Nous avons réalisé le programme artistique prévu par la direction précédente tout en mettant en place les dispositions nécessaires à faire évoluer le Mudam et à l’engager dans une perspective à long terme. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un musée très jeune, ouvert seulement depuis juillet 2006, et qu’il n’a pas encore eu le temps de s’exprimer pleinement. Or, les anciennes polémiques à son sujet se sont maintenant tues et je crois que l'heure est venue pour le public de le découvrir pour ce qu’il est : un musée qui propose des expositions de grande qualité dans un bâtiment magnifique, placé dans un très beau parc truffé de vestiges de l’ancienne forteresse, et le tout avec une merveilleuse vue sur la vielle ville et à quelques pas du quartier européen du Kirchberg !

Quelles seront les expositions à ne surtout pas manquer à partir de février prochain ?

Nous avons rythmé l’année 2010 par trois grandes expositions : Le meilleur des mondes, qui permettra de découvrir un grand nombre d’œuvres de la collection, Sketches of Space avec des interventions artistiques qui transformeront la perception des espaces mêmes du bâtiment et la rétrospective d’un artiste hongrois, Attila Csörgö, qui est un génial bricoleur dont une œuvre actuellement exposée au Mudam fait le bonheur des petits et des grands. Je pense donc que quiconque se propose de venir ne serait-ce que trois fois au Mudam l’année prochaine, aura de quoi voir, ressentir, et raconter !

Luxembourg ne cesse de gagner en importance sur la scène culturelle européenne et internationale. L'effort culturel du pays va t-il s'arrêter là ?

Depuis plusieurs années, l’offre culturelle à Luxembourg - dans le domaine de l’art contemporain, de la musique, du théâtre, de la danse et de la littérature - a atteint des niveaux qualitatifs comparables à ceux des plus grandes capitales artistiques. De plus, elle est facilement accessible, grâce notamment aux courtes distances et aux prix souvent avantageux. Et pourtant, beaucoup d’habitants de la Grande Région n’en profitent pas encore. L’effort culturel ne s’arrêtera certainement pas si le public se met à le découvrir.

Dans le cadre de la culture dans la Grande Région, quelle collaboration envisagez-vous avec le futur Musée Pompidou à Metz?

L’ouverture du Centre Pompidou Metz va dynamiser encore davantage la Grande Région. Cette dernière était une sorte de désert, en ce qui concerne l’art contemporain, il y a trente ans à peine : elle est aujourd’hui une oasis luxuriante en comparaison ! Nous avons déjà des contacts très étroits avec l’équipe messine : nous allons échanger des œuvres de nos collections à l’occasion de leur ouverture, mais à plus long terme, nous envisageons une communication à l’échelle régionale et des facilités d’accès pour le public qui désire visiter les deux institutions, voire plus.

Nos associés et clients aiment se réunir de façon informelle et découvrir les expositions du Mudam, est-ce important pour vous d'accueillir les leaders de Luxembourg et de partager avec eux ces moments culturels?

Oui, la convivialité et l’accueil, aussi personnalisé que possible, sont essentiels pour nous : le Mudam est un lieu de beauté, de réflexion et de contemplation, mais aussi un lieu de rencontres et de partage.

Quelle relation entretient le Mudam avec ses mécènes?

Nous offrons à nos mécènes la possibilité de participer activement à l’essor culturel de notre pays. Notre univers est celui de l’art contemporain : c’est un univers de création de formes, de confrontations d’idées et de sensibilités esthétiques. Notre rôle n’est pas de faire des bénéfices mais de soutenir les artistes dans leur liberté et d’engendrer des passions du côté du public. Je pense que cela fait aussi partie de la richesse d’une société.