Arthur Unger entre visible et invisible


Il semble qu'Arthur Unger ait habitué son public à un espace cadencé par l'entrée de ses fanfares et de ses grands chevaux, marquant ainsi un coup d'éclat créatif et dévoilant ses ouvres à une audience sans cesse élargie d'admirateurs comblés. Le public lui sait gré de son attitude positive, de son désintéressement et de son absence de prétention dans l'accomplissement de l'acte civique et créatif empreint de poésie. Le spectateur a le sentiment d'être emporté par le charme et l'originalité de cette approche artistique qui s'établit dans la proximité du geste simple, minimaliste même, mais ô combien significatif. Ce dialogue à coeur ouvert avec son auditoire ne manque pas de mérite, puisque l'artiste ne se contente pas de proposer des oeuvres déjà élaborées, mais poursuit son geste créatif dans l'enceinte de musées, de galeries ou d'autres lieux d'exposition devant un public médusé. Le peintre dévoile en toute simplicité, didactiquement, ses secrets et les facettes cachées de l'acte créatif, permettant ainsi aux spectateurs de pénétrer plus facilement les rouages de la création, du geste et l'essence vibratoire de l'art. C'est une pratique qui n'est pas exempte de danger, mais Unger prend volontiers le risque d'intervenir avec son chalumeau en feu au centre de l'exposition, illustrant la transformation de la forme et de la matière, mixant l'acide et le feu sur la plaque de cuivre, l'encre de chine et la poudre de pastel, révélant un ensemble inhabituel, un objet d'art incantatoire.

Claude Frisoni a été l'un des premiers responsables publics dans les milieux de l'art luxembourgeois à avoir témoigné, au cours des dernières décennies, un vif support à la créativité artistique locale au travers de multiples événements culturels. Il a étendu cette curiosité et cet intérêt à l'art d'Arthur Unger, également au regard du respect porté à ce dernier par la communauté artistique internationale. Frisoni a su élever le dialogue culturel d'un niveau local à un niveau universel, et en allant bien au-delà des moyens qui lui étaient parfois alloués. C'est précisément grâce à cette attitude que l'artiste luxembourgeois peut aujourd'hui apparaître sur les cimaises de l'Abbaye de Neumünster à la fois comme africain, chinois ou latino-américain, tout en demeurant souverainement lui-même, luxembourgeois.

Par Ante Glibota

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© Arthur Unger
© Arthur Unger