Une nouvelle étude publiée par PricewaterhouseCoopers (PwC), intitulée « Talent Mobility 2020 : The next generation of international assignments », explique que l’interconnexion mondiale entre le commerce, la technologie, le capital et la réglementation impliquera des allées et venues accrues des employés entre les pays. Cette tendance de fond entraînera une forte augmentation des missions internationales de courte durée, et des missions dans le cadre desquelles les travailleurs exercent leur activité dans un pays autre que leur pays d’origine, mais rentrent régulièrement chez eux (tous les week-ends par exemple).
Ces éléments, combinés à l’apparition de pays émergents, à l’attention portée aux nouvelles sources de revenus et aux nouveaux impératifs démographiques, devraient accroître le nombre de personnes travaillant hors de leurs frontières au cours de la prochaine décennie (+ 50%). De plus, le nombre de pays dans lesquels sont accueillis des travailleurs internationaux devrait également augmenter et présenter de nouveaux défis en matière de dispositifs de conformité, de rémunération et de communication. Les données récoltées par PwC témoignent des impacts de la mondialisation et montrent qu’en moyenne, le nombre de pays vers lesquels les entreprises envoient leurs employés est en constante augmentation : 13 pays en 1998, 22 en 2009, et ce chiffre pourrait atteindre 33 d’ici 2020.
L’enquête s’appuie sur des données relatives aux missions à l’étranger de 900 entreprises, sur des informations démographiques et sur les opinions de dirigeants et d’employés du monde entier. Selon les responsables d’entreprise interrogés, il est vital pour la croissance de leurs activités de disposer de profils aux compétences adéquates dans le pays souhaité, quel qu’il soit. Suite à la crise, plus de la moitié (55%) des CEO participant à l’étude envisagent de repenser leur stratégie de mobilité internationale. Il apparaît en effet clairement que les entreprises reconnaissent à la fois l’avantage économique d’envoyer des employés en mission à l’étranger, et le besoin de modifier la façon dont elles gèrent et tirent profit de la mobilité internationale.
Nouvelles générations de travailleurs
« Même si nous ne reléguons pas les modèles de travail international existants aux oubliettes, les gouvernements et les entreprises devront collaborer pour faire tomber certaines barrières liées à la mobilité internationale qui, faute de quoi, pourraient entraver la concurrence et les affaires mondiales, commente Christian Scharff, associé Human Resources Services chez PwC Luxembourg. Dans la mesure où les entreprises s’aventurent dans des régions du monde se développant difficilement, les institutions ainsi que les gouvernements pourraient en tirer profit en investissant durablement dans les infrastructures nécessaires au bon accueil des individus ; cela pourrait s’étendre à l’éducation, la formation, les installations médicales et le divertissement. Idéalement, les allées et venues des employés et des cadres entre les pays devraient être fluides et définies par la collaboration, plutôt que par des barrières administratives coûteuses.»
Fort heureusement pour les entreprises, les nouvelles générations de travailleurs, ceux du Millénaire, considèrent les missions à l’étranger comme un élément important de leur développement personnel. L’étude de PwC (qui synthétise les attentes de 4200 jeunes diplômés) révèle que 80% d’entre eux veulent travailler à l’étranger, 70% s’attendent à utiliser une autre langue que la leur au travail et, par rapport à leurs parents, 94% se figurent travailler en dehors de leurs frontières.
« La soif de travail international des jeunes employés pourrait finalement diminuer le besoin de fournir des mesures d’incitation financière. Cependant, les systèmes fiscaux et d’immigration en place, combinés à la recherche de compétences ou de profils spécifiques, peuvent rendre complexe et onéreux le fait d’envoyer des employés à l’étranger. Il sera donc de plus en plus important d’articuler des valeurs communes ; la fidélité étant encore plus difficile à maintenir au delà des frontières, ajoute Michiel Roumieux, associé Human Resources Services Tax chez PwC Luxembourg. De manière plus positive, la technologie pourrait être une solution aux problèmes de conformité et de suivi. Une possible harmonisation du niveau de vie et de rémunération pour certaines compétences et dans certains secteurs pourraient aussi faciliter les choses.»
L’étude Talent mobility 2020: The next generation of international assignments peut être consultée sur http://www.pwc.com/managingpeople2020.
Notes à l’éditeur :