De plus en plus de règlementation et un resserrement du crédit: l’adaptation est indispensable pour le secteur immobilier européen

Emerging Trends in Real Estate®: Europe 2011

Dans le cadre d’une présentation effectuée à ses clients, PwC Luxembourg, société de conseil leader dans le domaine « Real Estate and Infrastructure » au Luxembourg, a présenté aujourd’hui les résultats de l’étude « Emerging Trends in Real Estate Europe ». Cette étude a été réalisée pour la huitième fois par l’Urban Land Institute (ULI) et PwC.

« Nous nous réjouissons que, cette année encore, Emerging Trends in Europe soit considérée comme un baromètre du secteur de l’immobilier européen », explique Amaury Evrard, Real Estate & Infrastructure Leader de l’équipe de spécialistes en immobilier de PwC Luxembourg composée de plus de 200 employés.

« Emerging Trends in Real Estate® Europe 2011 exprime un consensus sur l’évolution du marché immobilier et reflète l’avis de plus de 600 spécialistes du secteur (investisseurs, promoteurs, sociétés immobilières, banques, courtiers ou encore consultants) qui ont répondu à des enquêtes et/ou ont été interviewés , explique Kees Hage, Associé chez PwC Luxembourg and Global Leader Real Estate chez PwC. Les consultants d’ULI et de PwC ont mené 312 entretiens en face à face et 303 personnes supplémentaires ont répondu directement à l’enquête.

« Plus de réglementations, l’Europe de l’austérité, la crise de la dette des Etats souverains, ainsi qu’un marché des prêts plus faible que jamais : tels sont les défis du secteur immobilier européen en 2011 », constate Amaury Evrard, Associé et Real Estate & Infrastructure Leader Luxembourg.

L’année dernière fut, pour le secteur immobilier, un chemin semé d’embuches. D’abord, la Grèce avec la crise de sa dette, puis l’annonce de Bâle III pour les banques, ensuite l’Irlande prouvant à son tour que la crise de la dette des états souverains était loin d’être terminée, et, pour couronner le tout, les efforts des pouvoirs publics européens pour nettoyer le système financier à coup de réglementation. Tous ces éléments ont contribué à fragiliser le secteur de l’immobilier et à se poser des questions sur son avenir.

Les experts interrogés dans le cadre de l’étude Emerging Trends Europe s’accordent à dire que, alors même que la reprise du secteur est peut-être en marche, la situation est désormais beaucoup plus compliquée. Dans quelle mesure les accords de Bâle III modifieront-t-ils le financement de l’immobilier? Quelle économie européenne en souffrance sera la prochaine à demander une aide financière? Comment les réductions des dépenses vont-elles affecter les consommateurs, les entreprises et la demande fondamentale pour l’immobilier? Telles sont les questions que se posent actuellement les acteurs du marché immobilier.

Pour l’heure, on ignore si les pressions actuelles pourraient constituer de véritables changements structurels à long terme modifiant en profondeur le visage du secteur pour les années à venir. Ainsi, les experts les mieux inspirés commencent à s’adapter au cas où.

« Ce qui a changé est la perception des participants à l’enquête qui craignaient, l’année dernière, que le nombre important de financements arrivant à échéance à travers l’Europe dans les cinq prochaines années n’empêche les banques d’accorder de nouveaux prêts. En 2011, la question est de savoir quels effets aura Bâle III sur la propension des banques à accorder des prêts immobiliers et à quel coût », explique Catherine Rückel, Associée et German Real Estate Leader chez PwC Luxembourg.

« 2011 ne sera pas l’année du revirement attendu par l’industrie européenne de l’immobilier. Bien au contraire, un marché à deux vitesses verra probablement le jour, reflétant l’écart croissant entre les marchés immobiliers attractifs pour l’’investissement d’un côté et ceux de seconde zone de l’’autre », selon Catherine Rückel.

« Une lueur d’espoir existe toutefois avec l’apparition de nouvelles sources de refinancement de la dette comme les sociétés d’assurance et les financements structurés; certains prédisent même l’arrivée des banques chinoises. Ceci dit, même si de nouveaux acteurs émergent, cela prendra du temps et ne répondra qu’à une partie du problème », déclare Kees Hage.

« La bonne nouvelle, c’est qu’on prévoit cette année une mise sur le marché de titres immobiliers de la part d’un nombre croissant d’investisseurs d’Asie du Pacifique, d’institutions et de fonds de capital-investissement. Pourtant - et comme c’est le cas pour de nombreuses tendances positives à l’heure actuelle - il ne s’agit pas de prendre ces bonnes nouvelles pour argent comptant. En effet, les investisseurs, désormais plus sélectifs et dont l’aversion au risque est plus importante, ne feront bénéficier de leurs liquidités qu’une faible part du secteur, s’assurant désormais qu’une organisation durablement solide a été mise en place », selon Kees Hage.

« Les experts interrogés prévoient que les sociétés bien établies et menant des stratégies défensives vont mieux réussir dans les mois à venir alors que les perspectives sont en revanche moins brillantes pour le secteur des niches ou pour les nouveaux acteurs. Il s’agit-là d’un exemple parmi tant d’autres du clivage du marché qui se poursuivra dans les mois à venir, entre les intervenants ayant consolidé leur position et les autres » résume Amaury Evrard.

« Compte tenu du profile de risque des investisseurs, ce sont les villes où la demande des locataires reste forte, comme Munich, Londres et Paris, qui continueront d’absorber les investissements. Istanbul, Stockholm, Berlin et Hambourg sont également en tête de liste pour les investisseurs. On s’attend en revanche à ce qu’ils évitent Dublin, Athènes, Lisbonne et Budapest. Ceci dit, même pour les villes et les pays tirant leur épingle du jeu, les capitaux seront tout de même utilisés en priorité pour l’acquisition des meilleurs actifs. Les autres resteront quant à eux à des prix peu élevés et continueront à baisser dans les mois à venir », explique David Roach, Associé chez PwC Luxembourg et EMEA Real Estate Tax Leader pour PwC.

« Même si l’ensemble des types d’actifs présente des perspectives positives d’investissement, les professionnels interrogés ont souvent cité comme secteurs offrant des perspectives « modestement bonnes », les bureaux en centre ville, les commerces et les centres commerciaux », explique Amaury Evrard. Malgré les craintes relatives aux effets de la politique d’austérité en Europe sur les consommateurs, les commerces prennent la tête des classements du secteur, suivis par les bureaux; les appartements à louer – segment phare l’année dernière - ont chuté à la troisième place. Il y a un écart considérable entre ces grands vainqueurs et les secteurs comme les hôtels, les actifs à usage mixte (bureaux/commerces), industrie/distribution, et les actifs résidentiels. Le développement des actifs Core (actifs générant des liquidités et présentant un niveau de risque faible) suscite l’intérêt. Tous les secteurs de l’immobilier présentent un potentiel accru de développement, les huit premiers secteurs étant identifiés comme ayant des perspectives correctes. Les bureaux en centre-ville prennent la tête, suivis par les appartements locatifs et les appartements à vendre. Toutefois, si les banques s’obstinent à ne financer que des actifs générant des liquidités, la poursuite du développement des actifs Core se révélera compliquée. En effet, pour innover, la prise de risques est indispensable. Selon certains spécialistes interrogés, il est vain de concevoir des stratégies spécifiques selon les villes : pour eux, tous les marchés présentent des opportunités à un prix acceptable. La recherche d’actifs dans des domaines où le capital est rare mais pouvant déboucher sur une demande future – citons à titre d’exemple les terrains résidentiels, les foyers protégés ou encore les maisons de retraite - est l’une des solutions envisagées par certains experts pour continuer à mener des approches créatives.

La division du marché s’étend même aux perspectives d’emplois. « Selon les participants à l’enquête, le secteur continuera à licencier en 2011 et comme les sociétés seront plus sélectives, on trouvera d’un côté des professionnels de l’immobilier qui ont les compétences recherchées et de l’autre, des personnes totalement inadaptées à la nouvelle donne », explique Catherine Rückel.

Dans quelques années, 2011 pourrait bien être considérée comme une année de transformations pour l’immobilier. Aujourd’hui, les professionnels du secteur vivent une période difficile, les sources traditionnelles de prêts pour les actifs vacants ou ayant besoin d’être rénovés étant de moins en moins disponibles. Toutefois, des alternatives sont attendues comme les fonds souverains ou les sociétés d’assurance. Une des préoccupations majeures est la poursuite de la réduction du nombre d’intervenants sur le marché. Ceux qui s’en sortiront seront ceux qui seront les mieux à même de gérer leurs actifs, plutôt que ceux qui feront des sélections avisées d’actions.

Dans le cadre de notre enquête, nous avons également interrogé certains professionnels au Luxembourg sur leur vision du marché européen et local. Leurs positions mitigées s’appliquent de la même manière à l’Europe et au Luxembourg. Conclusion logique, dans la mesure où nous opérons dans un environnement dépendant de la santé de l’économie et des marchés internationaux. Toutefois, par rapport à la moyenne européenne, les fondamentaux luxembourgeois, tels que le taux de vacance, sont meilleurs que les moyennes européennes. Les perspectives locales s’avèrent donc optimistes, même si aucun changement majeur n’est attendu pour l’année à venir.

Les défis européens concernant l’immobilier contaminent de manière similaire l’activité des fonds d’investissement luxembourgeois de différentes manières. Ainsi, le niveau et le type de transactions, la décision de mettre en place de nouveaux fonds et le développement des fonds existants seront confrontés à ces mêmes problèmes. Dans la mesure où le secteur de l’immobilier doit « s’adapter ou disparaître », les professionnels de l’immobilier seront obligés d’évoluer et s’il ne faut pas s’attendre à retrouver des niveaux d’avant la crise, il est essentiel d’aller de l’avant, les perspectives de rentabilité des sociétés immobilières étant meilleures que l’année dernière. Enfin, même si les défis règlementaires pourront avoir un effet sur l’allocation par les investisseurs de leurs actifs, le positionnement du Luxembourg et la façon dont il traite certains de ces défis incitent à un optimisme modéré.

Tableau- Les 10 meilleurs marchés européens

Classement 2011*

Ville

Evaluation des perspectives de rendement**

1

(5)

Istanbul

6,23

2

(1)

Munich

6,03

3

(2)

Londres

5,98

4

(11)

Stockholm

5,85

5

(4)

Paris

5,73

6

(3)

Hambourg

5,70

7

(7)

Berlin

5,65

8

(10)

Varsovie

5,53

9

(9)

Francfort

5,46

10

(13)

Zürich

5,36

* Classement 2010 indiqué entre parenthèses

** Note moyenne sur une échelle de 1 (« désastreux ») à 9 (« excellent »)




Notes à l’éditeur :

  1. Dans le domaine de la gestion d’investissements et de l’immobilier, PwC Luxembourg est un centre de compétences au sein du réseau européen de PricewaterhouseCoopers. Notre groupe immobilier et d’infrastructures au Luxembourg compte plus de 200 experts, dont 30 employés au niveau Directeurs et Associés. Leurs forces résident dans l’apport de prestations de services aux plus grandes sociétés actives à l’international. Il s’agit d’une compétence unique au Luxembourg. PricewaterhouseCoopers est membre actif de différents comités locaux et européens (ALFI, FEFSI, INREV, EPRA) et est représentée, avec la commission de surveillance du secteur financier (CSSF) dans de nombreux comités. Nos employés sont membres de commissions et groupes de travail régionaux et européens du secteur immobilier. Ils rencontrent régulièrement des équipes spécialisées dans des bureaux européens du réseau PwC pour traiter de différentes problématiques actuelles.
  2. PwC Luxembourg (www.pwc.com/lu) emploie près de 2000 spécialistes originaires de 53 pays différents. PwC fournit des services d’audit, de conseil fiscal et de conseil en gestion, privilégiant une approche sectorielle afin de contribuer à la création de valeur ajoutée pour ses clients. Au sein du réseau PwC, plus de 163 000 personnes dans 151 pays partagent leurs idées, expériences et solutions afin de proposer des initiatives novatrices et des conseils pratiques.
  3. « PwC » est la marque sous laquelle les firmes membres de PricewaterhouseCoopers International Limited (PwCIL) opèrent et fournissent des services. Ensemble, elles constituent le réseau PwC au sein duquel chaque firme est juridiquement indépendante et n'agit pas en qualité d'agent de PwCIL ni d'aucune autre firme. Les services fournis aux clients sont délivrés par les firmes membres et non par PwCIL qui ne peut être tenue responsable des actes ou omissions de ses membres. PwCIL n’a pas la capacité juridique ni la possibilité de contrôler l’activité professionnelle de ses membres ni d'engager l’un de ses membres d'une quelconque façon.
  4. PwC a changé son nom, de PricewaterhouseCoopers à PwC. « PwC » se rédige au sein d’un texte avec un « P » et un « C »majuscules. Le nom « PwC » apparaît en lettres entièrement minuscules uniquement en cas d’usage du logo.
  5. À propos de l’Urban Land Institute. L’Urban Land Institute (www.uli.org) est un institut global de recherche et d’éducation, à but non lucratif, financé par ses membres. Sa mission est de proposer des perspectives novatrices pour un usage responsable du territoire et pour la création et le soutien de groupes de réflexion à travers le monde. Fondé en 1936, l’Institut compte plus de 33 000 membres représentant tous les aspects des disciplines de l’urbanisme.