Démystifier la gestion du risque de liquidité au Luxembourg

Une conférence dédiée à la gestion du risque de liquidité et organisée par PRiM (Professionnels du Risk Management à Luxembourg) s’est tenue le lundi 22 mars 2010 à Luxembourg et à réuni plus de 150 participants.

Animée par Thierry López, Basel II and Risk Management Services Leader chez PricewaterhouseCoopers Luxembourg, la conférence poursuivait un double objectif : tout d’abord celui de proposer un aperçu de la future réglementation en cours de discussion, ensuite celui d’expliquer comment établir un cadre pour la gestion du risque de liquidité. 

« Avant la tourmente provoquée par la récente crise financière, l’importance portée à la gestion du risque de liquidité était très sous-estimée. Il est donc devenu évident que même les établissements financiers solvables pouvaient tout d’un coup chavirer à cause d’un manque de liquidité, indique Thierry López ». Ce phénomène a incité les autorités de surveillance, à la fois supranationales et locales, à élaborer un ensemble de lignes directrices et de recommandations visant à mettre en place un cadre plus élaboré pour la gestion du risque de liquidité. « Cependant, il reste difficile pour les institutions financières de déterminer les conséquences à tirer de cette nouvelle réglementation, en raison de la complexité des débats actuels et de l’incertitude des résultats ultimes, ajoute-t-il ». 

Actuellement, la réglementation luxembourgeoise en matière de risque de liquidité se base sur la Circulaire 09/403 de la CSSF du 28 mai 2009, ainsi que le règlement N°4 de la BCL du 29 avril 2009. Les obligations de ce cadre réglementaire sont de nature qualitative, et concernent les éléments fondamentaux d’un dispositif global pour la gestion du risque de liquidité (bonne gouvernance, notamment la séparation des fonctions et une documentation formelle, mais aussi la mise en place de tests d’endurance et d’un plan de secours, etc.)

 

Lignes directrices et recommandations supranationales

Des nouvelles lignes directrices et recommandations supranationales qui seront transposées dans la législation nationale dans les mois et années à venir, ont été établies par la BRI[1] et le CEBS[2]. « Alors que les instructions générales du CEBS sont plutôt d'obédience "Pilier 2", la Commission européenne a fait levier sur les documents consultatifs de la BRI pour élaborer la nouvelle réglementation qui sera, une fois finalisée, implémentée comme quatrième amendement à la Directive sur les fonds propres réglementaires ("CRD IV"),indique Thierry López ». 

Alors que les lignes directrices du CEBS proposent aux institutions financières un tour d’horizon des méthodes à employer pour la mise en place des aspects quantitatifs de la gestion du risque de liquidité, le document consultatif de la BRI est plus rigoureux et suggère aux autorités de surveillance d’instaurer de nouvelles normes et mesures quantitatives. Plusieurs points de ce document consultatif de la BIS ont provoqué de vives réactions dans le secteur financier. Une des inquiétudes du secteur est que la proposition, sous sa forme actuelle, n’augmente considérablement les coûts de financement des établissements financiers, et n’ait des répercussions sur l’économie réelle.

Le document de travail de la Commission européenne cité supra complète les critères techniques requis par des aspects tels que le périmètre d'application et la réglementation relative au traitement des opérations intragroupe.

S’il est évident qu’un cadre plus solide pour la gestion de risque de liquidité est nécessaire, il est également important de garder le principe de proportionnalité à l’esprit. « Afin de se conformer aux nouvelles règles, il pourrait être bénéfique d’adopter une approche progressive, conclut Thierry López. Tout d’abord, une institution doit s’assurer qu’elle est conforme aux règles actuelles de la CSSF et de la BCL. Ensuite, il faudrait évaluer sa conformité aux lignes directrices du CEBS. Et enfin, dans un esprit d’anticipation, il est important de se ternir informé du contenu de la proposition de la Commission européenne, et de suivre son évolution ». 

Les présentations Powerpoint de la conférence sont disponibles sur les sites  www.prim.lu et www.pwc.com/lu/en/risk-management/index.jhtml

 

Notes à l’éditeur : 

PricewaterhouseCoopers Luxembourg (www.pwc.com/lu) emploie près de 2000 spécialistes originaires de 53 pays différents. PricewaterhouseCoopers (www.pwc.com) est un prestataire de services d’audit, de conseil fiscal et de conseil en gestion, privilégiant une approche sectorielle. PricewaterhouseCoopers établit des rapports de confiance et contribue à la création de valeur ajoutée pour ses clients et leurs partenaires. Au sein de notre réseau, plus de 163 000 personnes dans 151 pays partagent leurs réflexions, expériences et solutions afin de participer à la mise au point d’initiatives novatrices et de conseils pratiques. 

"PricewaterhouseCoopers" désigne le réseau des sociétés membres de PricewaterhouseCoopers International Limited, chacune d’elles constituant une entité juridique autonome et indépendante.



[1] Banque des Règlements Internationaux (ou BIS, Bank for International Settlements).

[2] Comité européen des contrôleurs bancaires (Committee of European Banking Supervisors).