Les banquiers inquiets

L’étude Banana Skins menée par le CSFI et PricewaterhouseCoopers met en exergue les plus grands risques auxquels sont confrontées les banques. En tête de liste : la crise des liquidités et les « spreads » de crédits.

Selon la dernière étude « Banking Banana Skins » menée conjointement par le CSFI (Centre for the Study of Financial Innovation) et PricewaterhouseCoopers, l’agitation perturbant les marchés financiers a complètement transformé la perception des risques.

Cette enquête annuelle sur les risques bancaires, montre que les principales préoccupations portent sur la situation actuelle des marchés, en particulier sur la pénurie de liquidités et la crise des crédits et des marchés des produits dérivés. Partout, la crainte d’une récession mondiale est élevée.

L’enquête rassemble les opinions de près de 300 acteurs importants du monde financier, originaires de 38 pays, dont le Luxembourg, et classe 30 risques bancaires selon leur gravité.

Pour la première fois, deux nouveaux risques apparaissent aux trois premières places du classement, à savoir le risque de « liquidités » et les « spreads de crédit ». Cette indication montre à quel point la perception des risques a changé. Le seul facteur non financier figurant dans le top dix du classement est la perspective d’une sur-réglementation de la part des politiciens et des autorités en réponse à la crise actuelle.

L’intensité des préoccupations a entraîné l’indice Banana Skins, qui mesure le niveau d’inquiétude du marché financier, à son paroxysme depuis 1998.

« Alors que certains participants estiment que la réaction face à la crise a été excessive, la majorité reste très pessimiste, explique David Lascelles, rédacteur de l’étude. C’est l’enquête Banana Skins la plus sombre en 10 ans. »

L’étude explique que la crise a mis en évidence une déficience des contrôles au sein des banques en raison de plusieurs facteurs, tels la complexité grandissante du monde de la finance, des programmes de rémunération variables et une approche insuffisante à la gestion des risques.

« Alors que l’état de l’économie constitue un facteur d’inquiétude important, on remarque également une chute de confiance à propos de la qualité des processus de gestion des risques bancaires, ce qui renverse la tendance des précédentes enquêtes, commente Philippe Sergiel, Banking Leader, PricewaterhouseCoopers Luxembourg. Il est clair que, pour les participants, la crise des crédits représente un signal d’alarme pour le secteur afin qu’il réévalue l’efficacité de son contrôle des risques. »

Parmi les risques évoluant rapidement, on trouve la menace d’une récession mondiale, probablement entraînée par une baisse de l’économie américaine et une chute des marchés surévalués des actions. De plus, tous les principaux marchés partagent un même sentiment d’inquiétude quant aux perspectives macro-économiques.

Un risque a fortement reculé dans le classement – la sur-réglementation – qui figurait à la première place depuis deux ans, mais qui, à présent, n’est plus qu’à la huitième place. Cependant, la réglementation excessive est toujours perçue comme un risque majeur, en particulier si elle est une réaction directe à la crise.

Selon les résultats de l’étude, seuls 24% des participants estiment que les banques sont correctement préparées pour affronter les risques identifiés, contre 64% lors de la précédente enquête. Les banquiers, eux, se sont montrés plus positifs que les observateurs et les autorités réglementaires quant à leur capacité à surmonter cette épreuve.

L’enquête enregistre des résultats différents selon les métiers exercés par les participants. Ainsi, pour les banquiers, les risques du marché représentent les plus grandes menaces, surtout les mutations extrêmes des marchés des crédits, des produits dérivés et des actions. Pour les non-banquiers – les autorités réglementaires notamment – les responsabilités viennent des faiblesses des organisations bancaires, en particulier, la mauvaise gestion des risques et les systèmes généreux de bonification.

Sur le plan géographique, les économies industrialisées et émergentes sont toutes autant préoccupées par les risques liés à la crise. Cependant, les économies industrialisées s’inquiètent davantage de la menace de sur-réglementation alors que les économies émergentes se soucient plus des coûts et de la disponibilité des financements.

Banking Banana Skins 2008 est disponible au prix de 40 euros sur le site www.pwc.com/lu

Notes à l’éditeur :

PricewaterhouseCoopers Luxembourg (www.pwc.com/lu) rassemble près de 1600 spécialistes originaires de 35 pays différents. PricewaterhouseCoopers (www.pwc.com) est un prestataire de services de révision, d’assistance fiscale et de conseil privilégiant une approche sectorielle. PricewaterhouseCoopers établit des rapports de confiance et contribue à la création de valeur ajoutée pour ses clients et leurs partenaires. Au sein de notre réseau, plus de 146 000 personnes dans 150 pays partagent leurs réflexions, expériences et solutions afin de participer à la mise au point d’options novatrices et de conseils pratiques.
« PricewaterhouseCoopers » désigne le réseau des sociétés membres de PricewaterhouseCoopers International Limited, chacune d’elles constituant une entité juridique autonome et indépendante.