La peur d’une récession inquiète la majorité des CEO au niveau international
Les CEO des économies émergentes, sont plus confiants que ceux des pays développés
La disponibilité des compétences et la sur-réglementation font aussi partie des principales inquiétudes.
Selon la onzième étude mondiale annuelle réalisée par PricewaterhouseCoopers, la confiance des CEO a chuté pour la première fois depuis 2003 et c’est la crainte d’une récession mondiale qui apparaît aujourd’hui comme la principale menace à la croissance. Ces résultats sont tirés de l’étude « Global CEO Survey », présentée au Forum économique mondial de Davos, à laquelle ont participé plus de 1150 CEO dans 50 pays. Par rapport à l'année dernière, la possibilité d'un ralentissement économique est le facteur de risque qui inquiète de plus en plus les CEO. La sur-réglementation et la disponibilité des compétences figurent également au sommet de l’agenda des CEO. Toutes les autres entraves à la croissance, telles l’approvisionnement en énergie, le changement climatique mondial et le terrorisme, sont considérées comme des menaces de second plan.
Jeannot Krecké, Ministre luxembourgeois de l’Economie et du Commerce extérieur, a été invité à s’exprimer, parmi d’autres personnalités internationales, sur les collaborations qui existent entre le monde politique et celui des affaires. Selon lui, l'une des fonctions clé d'un gouvernement est de mettre en place des conditions propices à la prospérité et de créer un cadre favorable au développement de l'économie tout en maintenant un niveau social élevé. Il a par ailleurs souligné la nécessité d’une étroite collaboration avec les acteurs du secteur privé, qui connaissent mieux que quiconque les domaines à développer.
L’étude mondiale révèle également que le pourcentage de CEO se disant « très confiants » quant à la croissance des revenus sur les douze mois à venir a chuté de deux points par rapport à l'année dernière, pour atteindre 50%. Cependant, les CEO restent presque deux fois plus confiants qu'en 2003. C'est en Amérique du Nord que la baisse de confiance générale dans les affaires est la plus prononcée. Dans cette région, seulement 35% des CEO ont une « très grande confiance » dans la croissance, comparé à 53% l'année passée, soit une baisse de plus d'un tiers. La confiance parmi les CEO d'Europe occidentale a aussi chuté de huit points pour atteindre 44%. À l'inverse, on observe une augmentation de la confiance chez les CEO des économies émergentes d'Asie-Pacifique, d'Amérique latine et d'Europe centrale et de l'Est, atteignant près de 55% dans chacune de ces régions. Cette confiance croissante se fait particulièrement sentir en Chine et en Inde où, respectivement 73% et 90% des CEO affichent une « très grande confiance » dans les perspectives de croissance sur 12 mois.
Pour la première fois depuis le lancement de cette étude il y a onze ans, les CEO considèrent la possible crise économique comme le principal obstacle à leur croissance, détrônant la sur réglementation. Le terrorisme et la menace d'une pandémie, qui inquiétaient alors énormément, ne préoccupent aujourd'hui respectivement plus que 31% et 28% des CEO interrogés.
« La crise des crédits et le ralentissement des économies occidentales ont crée une disparité de niveaux de confiance parmi les CEO à travers le monde , déclare Samuel A. DiPiazza, Global CEO de PricewaterhouseCoopers. Dans les économies développées, comme aux États-Unis ou en Europe occidentale, la possibilité que la situation économique puisse encore s'aggraver en une récession, pèse lourd. Dans les économies émergentes, la confiance des CEO reste forte, probablement car elles n'ont encore connu rien d'autre qu'une expansion rapide sur dix ans ou plus ».
Gros plan sur les résultats de l’étude :
Les menaces de changements climatiques requièrent une action gouvernementale
Malgré les débats incessants sur le réchauffement climatique, au niveau mondial, seulement 34% des CEO se soucient de ces changements (par rapport à 40% l'an passé). Seulement 37% disent consacrer des ressources importantes pour combattre le changement climatique. Cependant, contrastant avec leur craintede sur réglementation, quatre cinquième des CEO appellent à une action gouvernementale pour la réduction des émissions de CO2. C'est en Asie-Pacifique que l'appel à une action gouvernementale est le plus important avec 90% des CEO, contre 64% en Amérique du Nord. Les CEO sont également en faveur de programmes de collaboration. Dans l'ensemble, 73% des CEO pensent que leurs entreprises devraient collaborer de façon plus efficace avec leurs pairs industriels et leurs partenaires commerciaux afin de limiter les changements climatiques. Ce chiffre grimpe à 82% en Asie-Pacifique et chute à 58% en Amérique du Nord.
Menace de sur régulation en perte de vitesse
Contrairement aux années passées, où les problèmes de réglementation, comme Sarbanes-Oxley, étaient en tête des préoccupations des CEO, la menace de sur réglementation s'est affaiblie cette année, même si elle reste l'une des trois principales inquiétudes des CEO. 59% des personnes interrogées ont mentionné la sur réglementation, contre 73% lors de l'étude précédente. Pour les CEO, les domaines dans lesquels les gouvernements pourraient faire des progrès sont la législation sur le travail, les régimes fiscaux et l'éducation. Seulement 5% estiment que des progrès sont à faire dans les réglementations sur les introductions ou les cotations en Bourse. Dans l'ensemble, plus de la moitié des CEO aimeraient que les gouvernements fassent converger les cadres réglementaires et fiscaux.
Marchés existants et nouveaux produits mènent à une croissance à court-terme
Les inquiétudes quant à la situation de l'économie mondiale ont aussi affecté les projets de développement sur douze mois des CEO. Pour de plus en plus de CEO, les principales opportunités de croissance à court-terme proviennent d'une meilleure pénétration des marchés existants ou du développement de nouveaux produits, plutôt que de fusions/acquisitions ou d'expansion géographique. Tout comme l'année précédente, les CEO préfèrent financer la croissance de façon interne plutôt que de faire appel à des sources extérieures telles que le marché des capitaux ou celui des actions.
Les fusions et acquisitions (Mergers & Acquisitions) mondiales augmenteraient en 2008
Globalement, 24% des CEO ont déclaré que leur entreprise avait effectué au moins une fusion ou acquisition transfrontalière lors des douze derniers mois, et 31% en prévoient dans les douze prochains mois. Les CEO d'Europe occidentale sont les plus susceptibles d'avoir participé à une activité M&A transfrontalière. Les destinations les plus prisées pour les fusions et acquisitions sont l'Asie, l'Europe occidentale, l'Europe de l'Est et l'Amérique du Nord.
En 2008, on porte le plus d’intérêt au M&A en Asie-Pacifique. Car les CEO y sont les plus confiants et car les entreprises asiatiques jouent de plus en plus le rôle de l’acquéreur. Les CEO d’Asie-Pacifique prévoient des projets M&A à la fois dans leur zone géographique et à l’étranger. Seulement 23% des CEO d’Asie-Pacifique ont signé un contrat transfrontalier l’année passée, et 34%, pourcentage plus important que dans n’importe quelle autre région du monde, en prévoient pour les douze mois à venir. Parmi ces CEO d’Asie-Pacifique qui prévoient une M&A dans l’année à venir, 25% projettent une transaction en Europe occidentale, 31% en Amérique du Nord et 73% plus près de chez eux, en Asie.
Les considérations financières et les questions culturelles représentent les plus grands obstacles aux M&A. Cependant, d’autres entraves aux M&A transfrontalières entrent également en jeu : les problèmes d’interférence ou d’opposition politique et les réactions brutales possibles à une présence étrangère sur les marchés locaux.
Émergence de la collaboration entre réseaux d'affaires
Dans l'ensemble, plus de la moitié des CEO estiment que la collaboration entre réseaux d'affaires est en voie de devenir l'un des principaux fondements d'organisation pour les affaires et seulement 17% pensent que « les coûts et les risques des réseaux dépasseraient les bénéfices ». Néanmoins, 37% des CEO interrogés considèrent toujours la mise en place de réseaux comme une activité secondaire.
Le soutien aux réseaux d'affaires dépend fortement de la zone géographique. Ainsi en Asie-Pacifique, plus de 60% des CEO, et jusqu'à 83% en Inde, pensent que les réseaux deviendront un fondement organisationnel, alors qu'en Europe centrale et de l'Est, ce pourcentage n'atteint que 44%.
« Pour les entreprises prospères, la collaboration entre les réseaux d'affaires devient une stratégie de plus en plus importante, même si cela ne semble pas adéquate dans toutes les situations », explique M. DiPiazza.
La guerre des talents continue de faire rage
La recherche de compétences préoccupe toujours vivement les CEO. Dans l'ensemble, plus des deux -tiers de tous les CEO, 85% en Amérique du Nord par exemple, estiment qu'il est intelligent de consacrer du temps à régler des problèmes de ressources humaines. Les CEO en Asie-Pacifique, quant à eux, sont très inquiets de la disponibilité des compétences, malgré l'âge de la population active dans ces régions. Ces mêmes CEO sont les plus nombreux à penser que leurs organisations devraient modifier leur façon de développer les compétences.
Pour les CEO, les compétences les plus difficiles à recruter sont les combinaisons d'expérience technique et commerciale, les expériences à l'étranger et les compétences en management. Selon le classement fait par les CEO, l'expérience à l'étranger reste cependant la compétence la moins vitale à l'entreprise.
« Pour les CEO du monde entier, un des problèmes clés est de faire en sorte que leurs entreprises possèdent des personnes aux compétences adéquates, explique M. DiPiazza. Peu importe les autres problèmes qui tournoient autour d'eux, les CEO savent bien que la clé du succès pour leur société est d'être entouré d'un juste équilibre entre compétences commerciales, techniques et de direction ».
L’étude “11th Annual Global CEO Survey” est disponible sur www.pwc.com/lu
A propos de l’étude
Pour la onzième étude annuelle menée par PricewaterhouseCoopers auprès de CEO, 1.150 entretiens ont été menés auprès de CEO dans 50 pays durant le dernier trimestre 2007. La majorité des entretiens a eu lieu par téléphone. Une étude par courrier a été menée au Japon. Des entretiens face-à-face ont été organisés au Kenya et en Chine. L'étude a été orchestrée par PricewaterhouseCoopers International Survey Unit, Belfast, Irlande du Nord, en collaboration avec des chefs de projets et un conseil global d'expertise des associés de PricewaterhouseCoopers. Par région, 454 entretiens ont été menés en Europe Occidentale (Autriche, Belgique, Chypre, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Espagne, Suède, Suisse, Turquie, UK), 277 en Asie-Pacifque (Australie, Chine, Hong Kong, Inde, Indonésie, Japon, Corée, Malaisie, Singapour, Taïwan, Thaïlande, Vietnam), 136 en Amérique Latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Equateur, Paraguay, Pérou, Uruguay, Venezuela) , 130 en Amérique du Nord (US, Canada), 86 en Europe Centrale et Europe de l'Est (République Tchèque, Estonie, Hongrie, Pologne, Russie, Ukraine) et 37 au Moyen Orient et en Afrique (Arabie Saoudite, Afrique du Sud, Kenya).
A propos de PricewaterhouseCoopers
PricewaterhouseCoopers Luxembourg (www.pwc.com/lu) rassemble près de 1600 spécialistes originaires de 35 pays différents. PricewaterhouseCoopers ( www.pwc.com ) est un prestataire de services de révision, d’assistance fiscale et de conseil privilégiant une approche sectorielle. PricewaterhouseCoopers établit des rapports de confiance et contribue à la création de valeur ajoutée pour ses clients et leurs partenaires. Au sein de notre réseau, plus de 146 000 personnes dans 150 pays partagent leurs réflexions, expériences et solutions afin de participer à la mise au point d’options novatrices et de conseils pratiques.
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