La frontière entre la gestion de fonds d’investissement traditionnels (« long only ») et les techniques de gestion dites alternatives, comme les hedge funds s’estompe graduellement, alors qu’un nouveau segment régulièrement appelé « Newcits » émerge. Plus de 900 hedge funds commercialisés dans une enveloppe UCITS-III ont été créés. Selon une étude récente produite par Eurekahedge, les Newcits représentent 7% de l’univers total des hedge funds et ils ont attiré 20% des souscriptions nettes du secteur depuis le début de l'année 2010.
« Newcits » est le terme communément utilisé pour décrire un OPCVM (Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) ou encore UCITS en anglais (Undertakings for Collective Investments in Transferable Securities) qui gère un portefeuille investi selon des stratégies alternatives répliquant celles des hedge funds. Les gérants exploitent ainsi les possibilités d’investissement étendues par la directive européenne UCITS-III de 2001 et complétées par la directive concernant les actifs éligibles de 2007, qui ont permis une utilisation accrue des dérivés. Bien que la vente à découvert soit interdite pour les UCITS, ces fonds ont pu, grâce aux instruments dérivés, répliquer synthétiquement cette vente à découvert en utilisant, entre autres, des instruments comme les Contracts For Difference («CFD») ou les Total Return Swaps («TRS»). Ces dispositions ont permis aux OPCVM de développer des stratégies d’investissement plus complexes ou alternatives telles la réplication de stratégies de hedge funds. Les « Newcits » ou OPCVM alternatifs poursuivent, entre autres, des stratégies de long-short equity, macro, arbitrage et peuvent également s’exposer aux matières premières dans une certaine mesure.
L’évolution du marché
Les OPCVM alternatifs répondent à la demande d'investisseurs tels des fonds de hedge funds, des gérants de fortune, des fonds de pension, ainsi que des actionnaires individuels cherchant à la fois la diversification, la transparence et une gestion des risques appropriée. Plus récemment, l’absence de clarté liée au projet de directive Alternative Investment Fund Managers « AIFMD » produit probablement une attraction supplémentaire pour le cadre établi des OPCVM. En effet les règles proposées par ce projet pourraient compliquer la distribution en Europe de fonds alternatifs basés en dehors de l'Union européenne et ne prévoit pas de distribution à la clientèle de détail.
Le succès des OPCVM alternatifs se traduit en chiffre : il existe plus de 900 OPCVM alternatifs représentant 75 Mds€, à comparer à un montant d’environ 1,100 Mds€ pour les hedge funds et 16,000 Mds€ pour les OPCVM. Aussi, selon une étude Eurekahedge, 56% des OPCVM alternatifs mondiaux sont domiciliés au Luxembourg.
Les OPCVM alternatifs ouvrent donc de nouvelles perspectives à l’industrie. Cependant, devant la complexité accrue de ces fonds alternatifs et l'importance de protéger l’image de marque UCITS, les régulateurs et l'industrie auront quelques défis à relever.
Ainsi, les gestionnaires de fonds doivent se doter d’une infrastructure appropriée quant aux:
Quant aux régulateurs, ils réfléchissent à la possibilité d’améliorer les règles concernant la gestion des risques. En été 2009 le Comité européen des régulateurs des marchés des valeurs mobilières (CESR) a ainsi lancé une consultation pour des mesures de niveau 2 relatives à la mesure du risque aux fins du calcul de l’exposition globale des OPCVM. Certains régulateurs proposent d’adapter un effet de levier maximum à chaque type de stratégie, selon la liquidité des actifs sous-jacents. L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) préfère, quant à elle, ne pas voir de particulier non averti investir dans ces OPCVM alternatifs et propose un montant minimum d’investissement.
Pour conclure les OPCVM alternatifs méritent pleinement l’attention autant des promoteurs de fonds que de leurs investisseurs pour les raisons suivantes: