Dans sa brochure «The future of data centres in Europe, Luxembourg: Where Else?», publiée cet été, PwC Luxembourg, en collaboration avec Luxembourg for ICT, dresse l’inventaire des atouts du pays pour devenir l’une des plateformes incontournables en matière de «data centres» en Europe. Un potentiel considérable, que commente Gilles Vanderweyen, associé et ICT Leader, PwC Luxembourg.
Une quinzaine de data centres actuellement, d’autres en projet. Le Luxembourg va-t-il devenir une plate-forme ICT comme c’est déjà le cas dans le monde de la finance? Faut-il voir dans ces investissements un nouveau défi?
«Plus qu’un défi, il faut considérer cet engagement comme une formidable opportunité pour le Luxembourg. En peu de temps, le pays est devenu un centre d'excellence de renommée internationale en ICT ! Il est aujourd’hui, le deuxième pays européen le plus développé dans ce domaine. C’est d’autant plus important quand on sait que la moitié de la croissance de la productivité européenne au cours des quinze dernières années a été alimentée par l’ICT…»
«Voici cinq ans, le Gouvernement luxembourgeois a identifié l’industrie ICT, et plus particulièrement les data centres, comme l’un des éléments clés de sa stratégie de diversification économique. Et d’allouer pas moins de 100 millions d'EUR au bénéfice des infrastructures ICT. Avec succès. Songez à, Skype, iTunes ou Amazon. Ces sociétés ont été fondées au Luxembourg et elles y ont toujours leur siège. Quant au secteur financier que vous évoquiez, son essor à long terme dépendra, lui aussi, des capacités de connectivité, de stockage et des conditions de sécurité. Ainsi, le Luxembourg occupe une position idéale pour devenir une plaque tournante de l’échange de données et de contenus en Europe. Ce faisant, d’autres types d’activités liées à l’économie digitale, comme le Cloud Computing ou encore l’archivage électronique, pourront se développer.»
Quel est le rôle du Gouvernement?
«Double. Le Gouvernement se concentre tout à la fois sur le déploiement d’infrastructures ‘state of the art’ et la promotion du pays comme « gateway » pour les services électroniques en Europe.»
«Qu’ils soient le fait d’entreprises publiques ou d’entreprises privées, d'énormes investissements ont été consentis ces dernières années. Ainsi, le nombre de data centres a triplé au cours de la dernière décennie. Et ce n’est pas fini… De par leurs capacités, leurs performances, mais aussi leurs garanties en termes de redondance, ces centres jouissent d’une excellente réputation. Nulle part ailleurs, dans un rayon de 350 km, on ne compte autant de data centres Tier IV Designed.»
Précisément, quel est aujourd’hui l’état de l’offre en data centres?
«En janvier 2010, pas moins de 15 data centres étaient opérationnels au Luxembourg. Le parc est divisé en deux groupes quasi égaux de Tier IV Designed, le niveau de qualification le plus élevé actuellement, et de Tier III, le niveau juste en-dessous. Ensemble, ces centres -et ceux qui sont actuellement en construction- représentent 19.300 mètres carrés de surface. A l’horizon 2013, le seuil des 45.000 mètres carrés sera franchi. Avec une proportion de 70% de centres qualifiés Tier IV Designed!»
«Mais il ne suffit pas de faire sortir de terre des data centres. Des infrastructures de communications ultra performantes et ultra sécurisées sont également nécessaires. Il faut aussi un cadre réglementaire adapté pour ‘accueillir’ ces masses de données. Concernant ce dernier aspect, la loi luxembourgeoise sur la propriété intellectuelle est unique.»
Si le secteur financier a été au cœur des actions du Gouvernement pendant une vingtaine d’année depuis la chute de la sidérurgie, on voit aujourd’hui que les responsables politiques tentent d’attirer d’autres industries. C’est le cas du divertissement et des médias, mais aussi des biotechnologies. Pourquoi?
«C’est une question de vision d’avenir pour l’économie du pays. A elle seule, l’industrie du divertissement et des médias est appelée à connaître des changements majeurs. On assiste d’ores et déjà -tant chez les fournisseurs que chez les consommateurs- à une migration vers le numérique qui ne fera que s’accélérer au cours des cinq prochaines années. Conséquence de cette mutation, de nouveaux comportements quant aux modes d’acquisition. Mécaniquement, cette tendance ne fera qu’accroître les besoins de flux de données.»
«D’une manière générale, c’est toute la communication qui change. Avec, d’ailleurs, des phénomènes de concentration et de mondialisation. Voyez SES Astra : plus de 40 satellites pour atteindre 99% de la population mondiale; plus de 13.000 services quotidiens et des milliards de personnes connectées. SES Astra qui s’est implantée au Luxembourg pour son environnement réglementaire concurrentiel et pour la qualité de ses infrastructures, ainsi que la qualification de sa main-d’œuvre…»
«Autre domaine, les biotechnologies. Si l’on y réfléchit bien, les besoins sont comparables : les entreprises de ce secteur doivent traiter, gérer et stocker d'énormes quantités d'informations; avec comme clé de voute une protection absolue des données. Résultat : les principaux acteurs du domaine des sciences de la vie commencent à considérer le Luxembourg en raison des avantages que nous évoquions.»
Que manque-t-il aujourd’hui à Luxembourg?
«Le pays doit continuer à développer son image à l’étranger, se faire connaître pour attirer les investisseurs et les entreprises, en valorisant ses avantages. C’est le but de notre action ‘The future of data centres in Europe –Luxembourg: Where Else?’. Il s’agit donc de présenter les multiples atouts du Grand-Duché. A commencer par sa position stratégique au cœur de l’Europe, sa force de travail multiculturelle, sa stabilité politique. Mais aussi sa politique d’innovation et de R&D, très engagée en ICT. Et sa fiscalité. Le Luxembourg s'est engagé à soutenir l'industrie ICT via d’autres outils comme les crédits d’impôts ou un régime fiscal spécifique pour la propriété intellectuelle. Dans le domaine de l’environnement, en particulier, un nouveau cadre législatif offre un large éventail d’aides financières pour les sociétés, y compris les data centres, qui souhaitent réduire leur empreinte environnementale. C’est à Luxembourg, et nulle part ailleurs!»
Une offre unique dans un rayon de 350 km
Généralisation des data centres Tier IV Designed
Systèmes d’alimentation avancés
Systèmes de refroidissement
Puissance
Les principaux data centres à Luxembourg